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L’affaire du Carré Libre: quand l’Etat tente de mettre à mal une école démocratique

L’affaire du Carré Libre: quand l’Etat tente de mettre à mal une école démocratique
Actualité

Un style d’école unique mais ancien

L’école du Carré Libre est une école qui offre aux élèves une éducation démocratique et des apprentissages auto-dirigés, comme cela est le cas à l’école Sudbury aux Etats-Unis, à Summerhill aux Royaume-Uni et beaucoup d’autres écoles partout dans le monde.

Les écoles démocratiques accueillent les enfants âgés de 3 à 18 ans. Ces établissements respectent le rythme, les envies et la curiosité des enfants. Les élèves sont autonomes et libres de faire leurs propres choix en ce qui concerne leur emploi du temps et la nature deleurs apprentissages. Il n’y a pas de programme éducatif prédéterminé. Partant du postulat que les enfants sont naturellement curieux et enthousiastes de découvrir leur environnement et leur monde intérieur, ils apprendront sans contraintes.

L’école du Carré libre de Quimper fait partie du réseau EUDEC ( European Democratic Education community), association européenne qui a pour objet la promotion, le soutien et le développement de ce type d’éducation en France. L’association rassemble des personnes qui diffusent, soutiennent, expérimentent et vivent l’éducation démocratique.

Ces écoles sont régies par un principe de démocratie directe : les jeunes et les adultes sont égaux de par l’organisation et les prises de décision en général. Ainsi, les enfants font l’expérience des droits démocratiques et en mesure toutes ses dimensions.

On comprendra donc toutes les différences qui résident dans ce type d’école par rapport à ceux d’un établissement classique.

Ces établissements sont au nombre 46 en Europe, avec également 31 projets d’ouvertures dans les mois ou années à venir.

L'Etat n'aide en rien la création de ce type d'école, au contraire.

Créer et ouvrir une école démocratique est loin d’être simple. La complexité réside dans les nombreuses injonctions que formulent l’Etat quant à l’ouverture d’un lieu d’accueil pour enfants. Au premier abord, c’est toujours rassurant de savoir que des critères qui garantissent la protection de nos enfants sont au rendez-vous. Puis, en allant plus loin dans le sujet, on se rend compte que beaucoup d’items sont loin d’être indispensables. Bref, ainsi soit-il.

Cependant, lorsque nous passons aux contenus des enseignements et de la manière dont ils vont être mis en place (ou vont plutôt émerger dans le cas ici présent), c’est là que bien souvent cela coince. On comprend qu’un changement de paradigme total va enrayer la marche à suivre.

C’est bien ce qu’à vécu le Carré Libre. L’école a ouvert ses portes en septembre 2016. Elle comptait 40 membres, ce qui en fait une école d’une belle envergure. Comme toutes les écoles, elle reçoit régulièrement des inspections de la part de l’Education Nationale. Toutefois, en mai 2019, l’inspection assigne les responsables de l’école à des modifications (qui ne leur seront notifiées qu’en juillet de la même année soit dit en passant). A peine 15 jours plus tard, l’école avait répondu à ces exigences. Une nouvelle inspection a eu lieu en décembre 2019. Suite à cette inspection, et sans en avoir averti l’école, les familles ont reçu un courrier demandant aux parents de scolariser leur(s) enfant(s) dans un autre établissement. Les familles et l’équipe pédagogique ont alors demandé en urgences au tribunal administratif de suspendre la décision du recteur, ainsi qu’une procédure plus approfondie pour en déterminer la légalité.

Des raisons obscures

Néanmoins, ce jour, aucune décision des tribunaux n’est intervenue de manière définitive. Rien ne permet, à l’heure actuelle, de savoir quels moyens pédagogiques mis en œuvre dans cette école sont réellement insuffisants, et donc illégaux

Il semblerait toutefois que le choix des apprentissages auto-dirigés soit la problématique. Le choix de la voie d’instruction et d’apprentissage reste cependant un droit dans la déclaration des droits de l’Homme. Le problème réside tout bonnement dans la manière que procède l’Education Nationale depuis des siècles : évaluer tout le monde sur les mêmes critères et de la même manière, sans prendre en compte les particularités des personnes, et ici, du type d’établissement.

A première vue, cela ressemble purement et simplement à un abus de pouvoir. Dès lors que les citoyens sortent des sentiers battus en manière d’éducation, d’instruction et de soins traditionnels, les alarment sonnent et l’Etat complexifie les évènements. Le respect du rythme, des goûts et des pensées sont mis à mal dans une société qui prône faussement la liberté.

On pense également, entre autres, à tous ces enfants qui ont connus précédemment des difficultés dans les écoles classiques à travers le harcèlement et ont développés des phobies scolaires. Au Carré Libre, ils ont eu l’occasion de renouer avec l’école et les voilà sommés d’en changer.

Enfin, la crainte la plus omniprésente ici reste qu’en cas d’aboutissement totale de l’ordre du recteur, cela puisse faire jurisprudence pour les autres établissements du même type, en France.

Nous souhaitons, par la présente, montrer notre soutien à l’école du Carré Libre qui défend les valeurs que portent également notre plateforme pro-parentageproximal, c’est-à-dire le respect des choix éducatifs où l’équidignité, l’écoute et l’affection priment.

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